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Je voudrais partager avec vous ma journée d'hier! Via mon job et ma formation (petite précision : je travaille dans l'agro-alimentaire donc ni dans l'environnement, ni dans la production d'énergie, ni dans le bâtiment,...), j'ai été conviée a une journée de conférences à la Fac de Poitiers sur "Vers l'efficacité énergétique". Sont intervenus hier matin, entre autres :
- Erik ETIEN enseignant-chercheur à l'université de Poitiers, a présenté la nécessité de réduire nos consommations d'énergie électrique et qui pose la question, à propos des métiers liés à l'énergie électrique, si l'on tend vers une mutation de ces métiers, ou vers de nouveaux métiers, et quelle en serait la pérennité...
- Jean-François LOUINEAU directeur pour l'environnement à la région du Poitou-Charentes, a présenté le contexte et les enjeux à économiser les énergies, ainsi que les engagements régionnaux et priorités confirmées...
- François GILLARD architecte DPLG du cabinet SCAU en charge de la conception et réalisation du lycée Kyoto à Poitiers (dont je vous avais parlé
ici). Ce nouveau lycée (hôtelier et agricole) est entrain de sortir de terre et est considéré "zéro énergies fossiles" car "la différence entre ses besoins énergétiques et ses productions renouvelables est inférieure à 4 KWh/m²/an". Il a présenté les caractérisitiques du bâtiment (qu'on retrouve
ici) et a expliqué sa démarche :
° ce qu'il appelle "l'intelligence éco-responsable" : il a analysé et réduit les besoins en premier lieu, il participe avec les utilisateurs et compte sur un changement d'habitudes/attitudes,...
° et ensuite est venu la technologie, au service des besoins.
Il y a mis, ce que j'appelle moi, du bon sens adapté aux besoins et utilisateurs. Et je suis d'accord avec lui, le 'développement durable', ce n'est pas binaire, ce n'est pas une solution unique et applicable par tous. e n'est pas une check-list d'équipements écolo à acheter, au contraire même... C'est l'affaire de chacun, selon ses habitudes / attitudes / comportements / ... et selon son enveloppe budgétaire (personne n'y échappe). Il a également expliqué que l'enjeu écologique dans le bâtiment n'était pas uniquement de faire du neuf propre mais aussi (et surtout?) de réhabiliter proprement l'existant énergivore.
Pour lui, les difficultés rencontrées ont été :
° trop... sectorisé : les ingénieurs techniques d'un côté (et en plus, eux-même sectorisés : des thermiciens, des structuraux,... -il en faut-) et les architectes de l'autre (souvent axés désign -il en faut-) mais il regrette que l'"équipe partenaire" fonctionne chacune de leur côté et ne fonctionne pas de manière plus ... cohésive.
° pas assez de professionnels. Sur certaines missions, il n'a obtenu aucune réponse à son cahier des charges ou une seule entreprise (mais qui a bien conscience d'être seule donc chiffre fort).
Et j'ai envie de rebondir sur l'Edito de "la maison écologique no.43" que j'ai lu en rentrant (de Vincent Boulanger) :
"Il est des chiffres qui plongent dans de puissantes méditations mathématiques. Il manque 300.000 artisans du bâtiment en France. Pour réaliser l'objectif du Grenelle de l'Environnement sur l'habitat, il en faudra 600.000. Question : ou vais-je trouver 600.000 artisans, en disons 4 ans ? Certes, la génétique fait toutes sortes de merveilles et des artisans à croissance rapide dotés de 6 bras chacun arrangeraient bien notre affaire. Mais l'AGM ne me semble pas une technologie d'avenir. Ne reste par conséquent d'autre issue que de faire avec les moyens du bord.
Qui connaît un peu l'affaire lève alors un sourcil dubitatif. Le déficit numérique est déjà un gros morceau, le soin que le BTP est capable d'apporter à des réalisations exigeantes en est un autre. Considérés depuis des décennies comme des voies de garge pour les derniers de la classe, les métiers du bâtiment sont devenus ce qu'on a projeté sur eux. Combien de chantiers en France comptent de malfaçons ? Combien de ratage noyés dans le béton ?
Et pourtant, la construction écologique permet de sortir de cet enfer du bâtiment à la chaîne monté par des travailleurs anonymes. En effet, elle réclame beaucoup d'intelligence et de conscience. Quelles sont les déperditions thermiques réelles de cette maison à réhabiliter ? N'y a-t-il pas un matériau local qui ferait l'affaire ? faut-il d'emblée 200m² ou un bâti modulable ? Autant de problèmes qui redonnent au chauffagiste, au maçon, au charpentier, une grande responsabilité et, le cas échéant, la fierté du travail bien fait.
Sans oublier au passage la sensualité. Caressez de la laine de verre après de la laine de chanvre et nous en reparlerons. L'habitat écologique rend au bâtisseur tout le mérite attaché à un vrai savoir-faire en même temps qu'un supplément d'âme. Et par les temps qui courent, ça compte assez pour décider bien plus que 600.000 personnes à retrousser leurs manches. Ajouter à cela les personnes prêtes à laisser tomber un boulotqui leur gâche l'existence, pour se reconvertir à un métier qui redonne un sens au mot 'ouvrage', et le potentiel est gigantesque. Il se chiffre par millions."
Pfiew. Voilà, j'avais envie de me "décharger de ce trop-plein" d'informations d'hier. En vrai, je trouve le sujet passionnant!
En tout cas, je me rends compte du temps, du travail, des interrogations, des difficultés à résoudre, des contraintes données, des souhaits, des analyses, ... des "maîtres d'oeuvre" en général (qu'ils soient architectes, maitres d'oeuvre, particuliers,...). Et, notre maison n'est pas encore sortie de terre, que déjà, on envie de remercier le Cabinet d'architecture Esquisse de Châtellerault, pour le travail qu'il réalise sur notre projet! On est super fier de leur démarche et du travail qu'ils font!
Et puis mon ressenti sur un truc : j'y suis allée, à la Fac, hier en me disant "c'est rigolo, de retourner un peu avec des étudiants, moi c'est pas si loin que ça, je vais me fondre dans le paysage..." Euh... en fait, du haut de mes presque 30 ans... et bien 10 ans de plus qu'eux... ça se voit! J'ai pris un coup de vieux! Mais il y a une chose qui m'a rassurée : l'amphi était plein et il l'est resté! La "relève" s'est sentie très concernée, parfois révoltée, souvent intéressée,... En voilà, une partie des 600.000!
La réunion d'informations a eu lieu ce soir. On a tout appris, on ne connaissait pas grand chose du fonctionnement, des modalités, ... sinon la définition générale d'une amap.
Alors voilà :
- C'est une asso (loi 1901) crée il y a 1 an qui a pour objet de maintenir et promouvoir une agriculture bio de proximité, écologiquement saine, socialement équitable et économiquement viable (tout un programme!).
- Les producteurs sont : Phytovienne (légumes de saison, plantes aromatiques et médicinales, sirops et vins) et Durand (pommes et jus de pomme)
- Livraison une fois par semaine le jeudi soir sur un point central. Les producteurs apportent leur production de la semaine et les inscrits viennent chercher leur "panier" (d'1 part, 2 parts,...). Le prix d'un panier 1 part (env. 3Kg légumes + aromates) hebdo est de 7 euro. Le prix d'1/2 caisse de pommes est de 10 euro (7Kg).
- L'adhésion annuelle est de 15 euro pour 2+ personnes (10 euro pour 1 pers.). Le contrat d'engagement est signé en début de saison. En gros, ça fait 30 euro par mois pour les légumes et plantes ; puis 20 euro par mois les 4 litres de jus de pomme + 1/2 caisse de pommes aux différentes variétés. En gros, l'engagement de 5 mois pour nous (couple, 1 panier hebdo) : 15 € d'adhésion annuelle + 150 euro les légumes et plantes + 100 euro les fruits et jus (soit 53 euro par mois pour avoir des produits bio de saison, directement du producteur local, avec engagement mutuel) payable à l'inscription.
On a trouvé ça vraiment intéressant et très convivial. On est même convié à visité l'exploitation, à venir leur filer un coup de main 1/2 journée dans l'année (au moment du rush genre "tous à l'arrachage des patates!").
On n'a pas de potager, et même si, on aurait pas autant de variétés. Alors là, c'est cool, nos légumes viendront d'1 jardin que l'on connait et on paie directement le producteur. Basta. Pas de coûts de transport, ni de marge de supermarché,...
On adore!
(Bon, en même temps, aller au marché et acheter des produits aux producteurs dont tu connais l'exploit, c'est la même chose.)
En tout cas, il y a des variétés de légumes que je ne connaissais pas, ça permet de varier les repas (je sais pas vous mais moi, des fois, je manque d'idées!) et d'innover des recettes.
Bon, maintenant, on sait un peu plus ce qu'on a dans nos assiettes!
A+